En fin de compte, la Syrie et Assad sont devenus tout simplement trop toxiques – même pour Poutine | Nikolaï Kojanov

Nikolay Kozhanov - TheGuardian - 17/12
Il n’est pas surprenant que Moscou se soit retirée face à l’avancée des rebelles. Mais ce n'est pas la fin pour la Russie au Moyen-Orient, estime Nikolay Kozhanov de Chatham House

La chute du régime d’Assad marque la fin d’un grand chapitre de la présence russe au Moyen-Orient. Cela ne signifie toutefois pas que Moscou est sur le point de se retirer de la région. Sa décision de ne pas se battre pour le régime de Bachar al-Assad – mais de le transporter par avion vers Moscou, où il semble destiné à rester pour l’instant – ressemble davantage à une tentative de renforcer sa présence au Moyen-Orient en se débarrassant d’un actif toxique.

En 2015, le déploiement des forces russes en Syrie pour soutenir le régime d’Assad a constitué une étape importante dans l’histoire des relations russes avec le Moyen-Orient. Ce faisant, Moscou a déclaré haut et fort son retour sur la scène politique du Moyen-Orient, où sa présence avait été extrêmement affaiblie après l’effondrement de l’URSS. Pour la première fois depuis 1991, Moscou a mené une opération militaire majeure dans la région. Cela a non seulement sauvé le régime ami d’un effondrement inévitable, mais a également démontré sa volonté de jouer un rôle actif dans l’élaboration des processus régionaux au-delà de la Syrie. Dans un sens, l’expérience syrienne est devenue un prologue nécessaire à l’intervention...
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